1. Qu’est-ce que l’émotion?

2. La phase de réaction cérébrale

a. La mémoire et l’ensemble du système limbique

b. Les différentes parties cérébrales actives dans l’émotion

3. La phase de réponse de l’organisme

a. De la réaction encéphalique vers les glandes hormonales et les neurotransmetteurs

b. L’action des hormones et des neurotransmetteurs et réaction des organes, base de la réponse de l’organisme



b. Les différentes parties cérébrales actives dans l’émotion

  • Des sens au cerveau

Le plus souvent, ce sont nos différents sens qui nous amènent à vivre une émotion. Mais un simple souvenir peut nous faire replonger dans la joie, la tristesse ou la colère. La réaction émotive se fait alors exactement de la même façon ; simplement, aucun des cinq sens n’entre en jeu. Ils n’ont d’ailleurs aucun rôle chimique dans la réaction de l’émotion. Ils se contentent d’apporter en continu au cerveau ce qu’ils voient, entendent ou sentent. Ces informations vont directement au Thalamus qui joue la zone relais du cerveau.

Mais voila, une situation apparaît, les sens ont transmis assez d’informations pour d’enclencher la « phase de réaction cérébrale ». Le premier message est ultra-rapide et plutôt grossier. Il se dirige droit vers l’amygdale, notre centre cérébrale des émotions de peur et d’angoisse, ou bien vers l’ATV (aire tegmentale ventrale) qui transmettra au noyau accumbens, centre cérébral des émotions de joie et de plaisir.

Le centre cérébral des émotions de peur, d’angoisse…1

Le centre cérébral des émotions de joie, de plaisir... 2

Ce sont eux qui vont décider qu’elle réaction émotionnelle parait la mieux adaptée compte tenu des informations envoyées par les sens. Par exemple, si votre ouïe transmet un cri strident, et vos yeux une ombre, l’amygdale choisira la peur comme réaction. Mais ce n’est pas elle qui déclenchera l’émotion à proprement parler. Elle va demander à ses deux seconds, l’hypothalamus qui orchestre les réactions corporelles et hormonales, ainsi qu’au cortex moteur qui commande l’ensemble de la motricité, de choisir pour elle. Ce sont donc nos réactions corporelles et hormonales, ainsi que la motricité qui sont à l’origine de nos émotions.

  • Le choix définitif

Le Thalamus va alors émettre un deuxième message, plus lent mais plus complet. Ce message est, quant à lui, destiné au cortex cérébral. Il s’agit la du siège des fonctions nerveuses les plus élaborées telles que le mouvement volontaire ou la conscience. Le cortex, après avoir étudié le message, a pour mission de corriger l’amygdale, en lui signalant si, oui ou non, elle a raison de proposer telle ou telle émotion. Cette fois aucun doute, il s’agit bien d’une ombre, et il y a de quoi avoir peur. C’est alors que l’hippocampe, le centre de notre mémoire et également prévenu de la situation, entre en jeu. Il rappelle les souvenirs antérieurs. Par exemple, le journal télévisé prévenait qu’un dangereux malfaiteur venait de s’évader, et que cela s’était passé dans les environs. Mais il peut également livrer de bons souvenirs : la simple rencontre de quelqu’un dans la rue, et votre hippocampe vous rappellera que cette personne ressemble à votre premier amour. Mais pour le voleur, cette fois, aucun doute, la peur est bien appropriée à la situation.

L’amygdale, ou le noyau accumbens, et l’hippocampe se sont mis d’accord. Le message de cohésion est maintenant en route vers le cortex préfrontal. Situé dans le cortex cérébral, il a pour rôle d’organiser le raisonnement et de prendre les décisions. Après avoir pris connaissance des deux avis favorable à l’émotion choisie tout au début par l’amygdale ou le noyau accumbens, c’est bel et bien lui qui va ordonner le déclenchement de la réaction.

  • Les hormones et les neurotransmetteurs, essence même de la réaction cérébrale

Ca y est, le cortex préfrontal a choisi. L’individu doit être joyeux, en colère ou avoir peur, par exemple. Et c’est alors l’hypothalamus qui prend les choses en main. S’occupant des réactions corporelles et hormonales, il va commander la sécrétion et la libération d’hormones dans l’ensemble de l’organisme et dans le cerveau. Dans le même temps, les neurones vont également travailler d’arrache pied pour apporter leur contribution à la réaction chimique. C’est en effet dans les cellules nerveuses que se synthétisent les substances chimiques appelées neurotransmetteurs, qui se libéreront ensuite dans les synapses, zone de jonction avec une deuxième cellule, qu’elles soient nerveuses, musculaires, ou d’une glande. Pour passer dans la deuxième cellule, le neurotransmetteur doit se fixer à une substance chimique spécifique : le récepteur. Cette alors cette fixation qui provoquera la réponse de la part de la deuxième cellule. Les neurotransmetteurs les plus répandus dans les émotions sont probablement les catécholamines.

Prenons l’exemple de la Dopamine. Générateur de désirs en tout genre, elle se déverse en quantité dans l’encéphale, et plus particulièrement dans le noyau accumbens, lorsque la situation l’impose. A titre d’exemple, elle est largement sécrétée lorsque l’individu est amoureux ou bien lorsqu’il entre dans le circuit de la récompense [le circuit de récompense est la réaction chimique qui rend l’individu heureux lorsque celui-ci fait une action indispensable à la survie de l’espèce, tel que manger, boire, ou se reproduire, l’incitant ainsi à répéter cette action]. Imaginons par exemple que l’individu tombe amoureux. Le cortex préfrontal va alors choisir la joie et l’émerveillement comme émotions, et l’hypothalamus va répandre dans l’organisme, et dans le cerveau, les hormones et les neurotransmetteurs qui correspondent à ces deux émotions, comme la dopamine et la lulibérine par exemple. Le flot de dopamine répandu dans l’encéphale va forcer le cortex préfrontal à prendre une décision au sujet de l’heureux élu. Il va alors chercher plusieurs solutions, toujours en collaboration avec l’hippocampe et l’amygdale. La présence de proches vous ferait ainsi hésiter à aller le voir. Le cortex va alors modérer les ardeurs du noyau accumbens. Mais l’amour n’est pas si simple. Plus vous serez en compagnie de la personne aimée, plus votre désir va monter, et plus la concentration de dopamine dans le noyau accumbens sera importante. Arrivera le moment où il sera tellement excité que le cortex préfrontal ne pourra plus lui faire entendre raison et devra le laisser s’exprimer : vous trouverez le courage de lui avouer vos sentiments.

La situation peut ainsi se répéter en cas de peur, par exemple Un flux important d’adrénaline va inonder vos amygdales, à tel point que le cortex préfrontal ne pourra le calmer et devra la aussi le laisser s’exprimer : la peur est bel et bien lancée et l’organisme va réagir en ce sens.

1 http://www.lecerveau.mcgill.ca/flash/d/d_04/d_04_cr/d_04_cr_peu/d_04_cr_peu.htm

2 http://www.lecerveau.mcgill.ca/flash/d/d_04/d_04_cr/d_04_cr_peu/d_04_cr_peu.ht