1. Qu’est-ce que l’émotion?

2. La phase de réaction cérébrale

a. La mémoire et l’ensemble du système limbique

b. Les différentes parties cérébrales actives dans l’émotion

3. La phase de réponse de l’organisme

a. De la réaction encéphalique vers les glandes hormonales et les neurotransmetteurs

b. L’action des hormones et des neurotransmetteurs et réaction des organes, base de la réponse de l’organisme



b. L’action des hormones et des neurotransmetteurs et réaction des organes, base de la réponse de l’organisme

La réaction émotionnelle se poursuit, et les neurotransmetteurs et les hormones sont maintenant libérés dans l’ensemble de l’organisme, y compris dans le cerveau. De façon temporelle, c’est à partir de ce moment la que la dopamine commence à inonder le noyau accumbens, par exemple. Mais ils commencent également à réagir sur les différents organes qui prendront part à la réaction. Tout comme les hormones, les neurotransmetteurs tels que l’adrénaline, la noradrénaline, ou l’isoprénaline (substance dérivée de l’adrénaline) sont libérés dans le sang. C’est en effet par voie sanguine qu’ils vont intervenir sur les organes. Mais si les hormones et les neurotransmetteurs agissent ensemble sur l’organisme, c’est parce que les deux substances chimiques n’ont pas le même rôle dans la stimulation des organes.

  • L’action des neurotransmetteurs

Que l’individu soit soumis à une réaction de peur ou de colère, l’adrénaline et la noradrénaline vont agir sur des cibles communes. Le but étant bien sur de mobiliser l’ensemble des ressources de l’organisme. Il y a, dans les deux cas, une réaction du corps qui sera semblable. Dans la peur ou dans la colère, l’organisme se prépare en effet à une action physique importante. Il faudra fuir ou se battre.

Pour bien préparer cette action physique, ils vont stimuler le système cardiovasculaire. Le rythme cardiaque va alors augmenter, les artères vont se contracter, pour que finalement le débit sanguin s’accélère de manière significative. Dans le même temps, le mélange adrénaline-noradrénaline va agir directement sur les bronches et sur le rythme pulmonaire. La ventilation est améliorée, le rythme respiratoire accéléré, il y a donc un apport d’oxygène significativement supérieur au sein de l’organisme.

Les rythmes cardiaques et pulmonaires sont maintenant à leur maximum. Il faut désormais apporter assez d’énergie aux muscles pour qu’ils puissent tenir un effort important et prolongé. Il vont, en agissant sur le foie, faire libérer des sucres par ce dernier, et des acides gras par les petits bourrelets. Avec l’oxygène, le cocktail énergétique de graisses et de sucres sont distribués rapidement et de manière prioritaire aux muscle et au cerveau. En effet, il doit être en mesure d’apporter un complément émotionnel à chaque instant. Privé de ces sucres et de ces graisses, le visage et les organes qui n’interviennent pas dans la réaction émotionnelle deviennent pâles et froids lorsque l’individu a peur. S’ajoutent à cela les réponses liées à la stimulation par d’autres organes. Dans l’optique de toujours améliorer les perceptions des cinq sens lors d’une réaction émotionnelle intense et d’augmenter les chances de réussite, les pupilles vont se dilater, améliorant la vue, les muscle faciaux vont produirent les expressions caractéristiques de la joie, de la colère ou de la peur et la digestion sera interrompue.

Après l’agissement des neurotransmetteurs qui agissent immédiatement, les hormones vont commencer à agir afin de maintenir l’émotion.

  • Les hormones

Tout comme l’adrénaline et la noradrénaline, les hormones sont distribuées à chaque organe par voies sanguines. Ils vont également agir sur un certain nombre d’organes déjà stimulés par les neurotransmetteurs. C’est une façon de prolonger l’état d’alerte et de les inciter à varier leur réaction. Ainsi le foie, qui libérait déjà des sucres sous l’action des neurotransmetteurs, va également transformer des acides aminés en glucose, « nourriture » des muscles. Ils vont également inciter les muscles à libérer plus d’acides aminés, destiné au foie, créant ainsi une sorte de cercle sans fin dans la recherche de performance des muscles.

Les différents glandes sécrétrices d’hormones1

Mais il existe des hormones spécifiques de certaines émotions. Ainsi, les testicules d’un individu soumis à la colère vont libérer de la testostérone dans le sang. Cette hormone, arrivée au cerveau, procure un sentiment d’invulnérabilité et augmente ainsi considérablement l’agressivité.

L’action conjuguée des neurotransmetteurs et des hormones sur les organes constitue donc la réponse proprement dite de l’organisme. L’émotion n’est donc pas qu’une question cérébrale, bien que l’encéphale tienne le rôle clé dans l’activation d’une réaction émotionnelle. Mais cela prouve également que le cerveau est un organe d’une richesse insoupçonnable. Il tient à lui seul un rôle au moins aussi important que l’ensemble de l’organisme. Mais nous n’avons pas encore tout découvert à son sujet. En effet, bien que la science arrive tous les jours à percer des secret de notre cerveau, il reste néanmoins une frontière scientifique exceptionnelle. Comment imaginer qu’un des plus grands mystère de la nature se trouve au plus proche de nous, dans notre tête ?

1 http://www.thebody.com/sfaf/summer04/images/hormones.jpg