Introduction

Depuis l’Antiquité, l’homme s’intéresse aux émotions. Bien que l’intérêt porté était énorme, les observations manquaient encore de réalisme. Ainsi, Aristote plaçait le centre de nos émotions dans le cœur, instaurant le courant de pensée de l’époque. Il faudra attendre Hérophile qui, au III ème siècle, placera notre centre émotionnel dans le cerveau. Il fut alors à l’origine d’une des plus grandes révolutions scientifiques dans l’Alexandrie de l’époque.

Mais ces observations restèrent théoriques et superficielles. Ce n’est que beaucoup plus tard que l’on commence à l’étudier vraiment et concrètement. Les énormes progrès du XIXème siècle entraînèrent les scientifiques à se pencher d’avantage sur le rôle du cerveau dans les émotions.

L’ouvrage L’expression des émotions chez l’homme et l’animal de Charles Darwin rapporte l’une des premières analyses de l’expression émotionnelle. La société, en plein changement, bouleverse les esprits et les mœurs. De nouvelles explications naissantes essayent d’éclaircir certaines pathologies récurrentes. En effet, les personnes atteintes de schizophrénie, à titre d’exemple, étaient considérées comme des démons. Théories et thérapies sont créées, et apportent plus ou moins de réponses concrètes.

L’émotion, caractéristique des animaux terrestres les plus développés, reste un atout majeur pour l’homme. Mais qu’est-ce qui définit précisément ces émotions ? S ‘agit-il de messages sensoriels de notre corps, d’activité diffuse liée au cortex cérébral, ou bien d’autre chose ?

Peut-on affirmer qu’il existe une biochimie des émotions et en résulte-t-il des pathologies ?

Notre dossier porte sur les émotions, et ses pathologies si souvent incomprises. Dans un premier temps, nous allons étudier les notions relatives au cerveau. Nous analyserons ensuite les émotions à travers les messages chimiques envoyés dans le corps. Nous finirons par les syndromes liés aux émotions, et les origines de ces pathologies.

Il reste néanmoins particulièrement difficile de répondre à de telles questions, du fait du nombre de théories qui y sont consacrées et de l’évolution des recherches actuelles.