1. Origines

2. Troubles et émotions : Etude de syndromes

a. Syndromes entraînant des déficits

b. Troubles de l’humeur

c. Autres troubles



a. Syndromes entraînant des déficits

  • L’alexithymie

Le terme alexithymie vient du grec (a : privatif ; lexis : mot ; thymos : humeur). Elle a été définie en 1972 par Sifneos et elle représente un déficit de verbalisation des émotions1. Elle ne désigne pas un manque d’émotions comme on pourrait le croire mais bien un manque de capacité à les exprimer verbalement.

Les malades peuvent ainsi parfois être caractérisés d’ennuyeux, et des études ont prouvé que leurs discours pouvaient être répétitifs. On constate beaucoup de pauvreté dans la description des sentiments et des éprouvés, et un manque de fantaisie.

Ce syndrome, en rapport avec la présence de certains troubles psychosomatiques, pourrait provenir d’une absence d’adaptation aux agressions (stress) par manque du facteur de régulation que représenterait la mentalisation7. D’autres hypothèses concernent le caractère héréditaires de ce syndrome, et par ailleurs on a constaté une fréquence d’alexithymie moins élevée pour les personnes issues d’un milieu culturel plus riche.

  • L’anhédonie

L’anhédonie a été définie en 1913 par Ribot comme la perte de la capacité à ressentir du plaisir. Ici encore, on peut faire appel aux origines grecques du terme (an : privatif ; hédonie : plaisir).

Le concept de l’anhédonie agirait sur le système de récompense de l’hypothalamus.

Il est fortement lié à la dépression et à la schizophrénie. Au niveau de la dépression, des études ont prouvé que 12 à 15% des patients souffrant de dépression avaient cette maladie, et elle est définie par Klein comme le syndrome axial de la dépression.

  • L’athymhormie

Ce concept a été défini par Dide et Guiraud en 1922. Le terme « athymhormie » vient du grec (a : privatif ; thumos : humeur ; hormé : aller vers l’avant). Il désigne un déficit de dynamisme, une perte de l’élan vital et de l’affectivité, un désintérêt…Il s’agirait d’une maladie du diencéphale, et les troubles sont le plus souvent observés à la suite de lésions sous-corticales.

Cette maladie est surtout présente dans certaines formes de la schizophrénie. (hébéphrénie).

1 Daniel WIDLÖCHER, Traité de psychopathologie, éd. Puf, 1994